Gentlemen cambrioleurs

2009-11-23 - Le Temps
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Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
A point c'est là où réside toute la difficulté, car il 'est pas facile de se hâter avec lenteur, comme la tortue de La Fontaine.
C'était bien le cas de l'un des protagonistes de cette affaire qui était pourtant, d'un certain niveau intellectuel, après avoir décroché son bac.
Il cherchait à rattraper le temps perdu dans les études afin de gagner de l'argent par le moyen le plus court et le plus facile, à ses yeux, bien entendu.
Il avait pourtant un bon livret scolaire, ce qui dénotait de l'effort qu'il avait fourni pour rejoindre la faculté comme ses camarades.

Il commença par passer une année sabbatique, peut-être parce qu'il était fatigué et voulait passer une période d'attente, pour faire le vide autour de lui et se remettre en question afin d'avoir les idées claires.

D'autant plus qu'il était de plus en plus soucieux de construire son avenir et avoir sa place au soleil.
Mais il fut au fil des jours confronté à cette réalité, que s'il voulait poursuivre ses études il devait se priver de beaucoup de choses.
Certes, c'est une privation qui apportera ses fruits, mais à long terme.
Ses parents de condition modeste, l'encourageaient à faire les sacrifices nécessaires pour atteindre son but.

Il estima cependant que le chemin des études était long, et nécessitait beaucoup d'efforts et de sacrifices.
Parmi ses camarades, un lycéen qui ne put décocher son bac, était de son avis.
Il lui proposa donc, un moyen plus facile, mais beaucoup plus risqué pour gagner de l'argent : le cambriolage des villas somptueuses, où des objets de valeur peuvent rapporter gros, en un temps très court.
Le jeune étudiant, qui eut une certaine hésitation au départ, finit par apprécier cette idée.
Ne cherchait-il pas à sortir du carcan de la misère le plus rapidement possible.
Les deux jeunes hommes n'avaient rien de délinquants car ils étaient courtois affables et gentils.
Mais ils voulaient réaliser justes quelques deux ou trois opérations pour se renflouer et repartir sur des bases solides.
Ils s'organisèrent pour se répartir la tâche.
Celle-ci consistait à épier tout d'abord les villas somptueuses.
Puis ils décidaient d'y pénétrer par effraction au moment propice, lorsque les occupants se déplacent pour partir en vacances ou visiter des proches.
Ils mirent au point un plan diabolique , parvenant à cambrioler une série de villas , et faire main basse sur des objets de valeurs et surtout des bijoux
Ils cambriolèrent une dizaine de villas, avec un butin important.
Les bijoux étaient vendus à des joailliers à des prix défiant toute concurrence.
Au bout du onzième cambriolage, ils furent repérés par la maîtresse de céans qui n'était autre qu'une voisine habitant à quelque cents mètres de leur quartier.
Rien que les bijoux de cette bonne-dame, leur rapportèrent la bagatelle de 23 mille dinars.
La victime s'empressa donc d'alerter la police en donnant les signalements des deux jeunes hommes , qui furent appréhendés par les agents de la brigade criminelle.
Ils reconnurent de prime abord les faits incriminés, d'autant plus qu'ils étaient recherchés pour dix autres affaires de cambriolage, pour lesquelles ils étaient condamnés à différentes peines de prison par défaut.
Cependant devant le tribunal, ils nièrent avoir commis ledit cambriolage dans la maison de leur voisine.
Les avocats de la défense plaidèrent l'absence de preuves concernant la présente affaire.
Le bijoutier accusé de complicité a nié devant le tribunal, connaître l'origine suspecte des bijoux que les jeunes lui ont vendus.
L'affaire est mise en en délibéré.
Ahmed YOUNES



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