Impostures de

2009-11-30 - Le Temps
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C'est une jeune fille qui après avoir été recrutée par une société de publicité, a découvert que son travail consistait, à procéder à des manœuvres frauduleuses,par voie publicitaire afin d'inciter des personnes à faire des dons aux nécessiteux.
Evidemment tout l'argent qui rentrait dans la caisse de cette société, allait dans les poches des associés.
La jeune fille, dont le rôle était semblable à un catalyseur dans une réaction chimique, ne put s'en rendre compte que lorsqu'elle fut escroquée elle-même par ses employeurs.
Elle avait remis à l'un des responsables de la société, deux chèques de garantie, signés et non libellé, pour la réalisation d'une opération personnelle.
Mais, à son grand étonnement, sa banque l'informant que les deux chèques qui ont été donnés en paiement par l'un des responsables de ladite institution, étaient retournés impayés.
Elle se trouva dans l'obligation de régulariser sa situation bancaire en assurant le paiement des chèques, mais elle porta plainte pour escroquerie et abus de blanc seing..
L'un des responsables de la société a été inculpé d'escroquerie et condamné par le tribunal de première instance.
Il interjeta appel, et comparut dernièrement devant la cour, en déclarant qu'il n'était pour rien dans toutes ces manœuvres, n'ayant fait, dit-il, qu'appliquer les directives du grand manitou, de la société et n'avait aucune qualité pour agir de sa propre initiative.
Il n'était en effet, qu'un simple agent administratif.
Mais était-ce une excuse juridiquement valable ?
Bien sûr que non, souligna l'avocat de la partie civile, car cet agent avait lui-même joué le jeu en participant activement à ces manœuvres.
D'ailleurs c'était lui-même qui avait accueilli la jeune fille et discuta avec elle des conditions de travail au sein de la société.

Quant à l'avocat de la défense, il plaida l'absence de toute preuve justifiant une telle accusation.
Il n'y a aucune plainte pour escroquerie , expliqua-t-il, de la part des clients de la société.
Il ajouta que les chèques ont été remis de plein gré par la jeune fille, et devaient être versés pour certains paiements à titre personnel ne concernant en rien l'activité de la société.
Ce fut la raison pour laquelle, elle porta plainte pour escroquerie afin de se justifier, et échapper à la sanction pour émission de chèques sans provision.
L'avocat demanda sur cette base l'acquittement de son client.
L'affaire est mise en délibéré.
A.Y.



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