Chanteur populaire ou escroc ?
2010-09-02 - Le TempsLu 486 fois
Deux versions pour une seule affaire.
Qui a raison, qui a tort ? Certes, la justice tranchera, mais en attendant les deux parties campent obstinément sur leur position initiale, tenant au passage à leur première déposition.
Voyons donc l’acheminement chronologique et les différentes péripéties de cette affaire pour y voir un peu plus clair.
Au départ, une plainte déposée par un quinquagénaire selon laquelle il aurait été roulé par un bonhomme qu’il a rencontré tout à fait par hasard, mais leurs relations allant s’affermir au fil des jours, au point qu’ils décident de s’associer.
C’est plutôt le quinquagénaire qui a proposé à son nouvel ami de lui procurer un lopin de terre où il compte monter une affaire dont il sera le futur gérant.
Ce dont le jeune s’en est acquitté apparemment dans les plus brefs délais, puisque venant quelque temps plus tard lui annoncer qu’il avait effectivement trouvé ce dont il en avait besoin.
Aussi, le quinquagénaire, toujours selon sa propre déposition, lui aurait-il confié cinquante mille dinars pour entamer les démarches nécessaires à l’acquisition de cette parcelle, avec la promesse de lui régler les trente mille dinars restants incessamment.
Or, depuis le jour où il a pris l’argent, le jeune homme avait littéralement disparu de la circulation ne donnant plus aucun signe de vie malgré les appels incessants de l’amiquinquagénaire.
Ce dernier aurait dès lors tout essayé pour le joindre, allant jusqu’à contacter sa sœur qu’il lui a présentée à plusieurs reprises, mais celle-ci le menant manifestement en bateau, au point qu’il a fini par se rendre à l’évidence, sinon se convaincre que le frère et la sœur étaient de connivence, se décidant en fin de compte de porter plainte.
Appréhendé, l’ami en question n’a pas tardé à avouer son forfait, indiquant au cours de l’interrogatoire préliminaire que sa sœur était bien au courant de tout, donc impliquée elle-même dans la combine, ce qui explique que la frangine fut interpellée à son tour.
Passés d’ailleurs en jugement, le bonhomme a été condamné à un an de prison ferme, cependant que la sœur complice en eut pour trois mois, la Cour se montrant d’autant plus indulgente du moment qu’ils ont promis de restituer l’intégralité de la somme au plaignant et qu’un accord dans ce sens a été conclu entre les deux parties.
Mais l’affaire n’était pas terminée pour autant, puisque les deux suspects vont interjeter appel, pour comparaître de nouveau devant un juge d’une Cour d’appel, allant encore plus loin en niant carrément les faits, le bonhomme avançant même une nouvelle version.
D’après lui, en effet, son ami quinquagénaire lui aurait avancé l’argent pour le soutenir dans l’édition d’un album, sachant qu’il était un chanteur populaire en pleine ascension.
Il fut soutenu dans cette thèse par son avocat, ce dernier demandant de surcroît le report de l’affaire, le temps qu’il prenne connaissance du dossier.
Requête qui a été acceptée par la Cour qui a déféré le verdict pour le 18 du mois courant…
Aymen BARHOUMI