L’émigré et le douanier
2010-09-14 - Le TempsLu 584 fois
Il est arrivé en Tunisie, comme chaque saison estivale, pour passer ses vacances auprès des membres de sa famille dans une ville à l’intérieur du pays.
Un mois pendant lequel il a pu jouir, ainsi que sa femme et sa petite fille,des bienfaits des baignades en mer.
Un mois qui lui a permis de bien se reposer d’autant plus qu’au pays où il réside, il ne fait que trimer à longueur de journée pour pouvoir se faire une place dans l’atelier où il travailleet démontrer qu’il figure parmi les meilleurs employés.
Mais tout ceci aune fin.
Vint le jour où il devait rejoindre son pays d’accueil.
Après avoir embarqué ses bagages dans la voiture, il a fait ses adieux et prit le chemin de la capitale pour rejoindre le port.
A son arrivée, une foule dense de passagers partants faisait la queue.
Chacun attendait avec impatience son tour pour passer les formalités.
Lui, il tenaitdans ses bras sa fille qui ne faisait que pleurer.
Il essayait de la calmer.
Au moment où son tour est venu pour les déclarations d’usage, le douanier l’a prié de débarquer de la voiture ses bagages et les exposer sur la banquette pour les contrôles systématiques.
Cette demande n’était pas pour plaire ànotre concitoyen qui essayait de calmer sa fille qui ne faisait que pleurer.
Il a demandé au douanier de débarquer lui-même les bagages.
Cette remarque a dégénéré en échanges de propos, altercation au bout de laquelle le bonhomme dans un moment d’égarement et irrité par les pleurs de sa fille, a agressé son interlocuteur qui ne faisait qu’exercer ses fonctions.
Les auxiliaires de la justice ont été alertés et le bonhome a été embarqué pour s’expliquer.
Il a été impliqué d’atteinte et agression d’un fonctionnaire de l’état pendant l’exercice de ses fonctions.
Il a été traduit en état d’arrestation devant la juridiction cantonale du tribunal de Tunisqui l’a condamné à une peine de cinq mois de prison ferme.
Ayant fait opposition, il a comparu de nouveau devant la chambre correctionnelle du tribunal de 1ère instance de Tunis.
Il a reconnu les faits en expliquant au juge que le jour des faits il était dans un état de stress indescriptible du moment que sa fille ne faisait que pleurer et il essayait de la calmer.
Son avocat a demandé au juge d’être clément et de prendre en considération qu’il s’agit d’un travailleur à l’étranger marié à une étrangère et père d’une fille.
Son incarcération serait fatale pour sa carrière.
Il a prié le juge d’être clément et de se limiter à la période passée en prison et de ramener la peine de prison à une amende.
Le juge a reporté l’affaire pour le prononcé du verdict.
CBD