Ligoté et agressé… pour quelques dinars
2010-09-17 - Le TempsLu 470 fois
Que pouvait-il faire, le pauvre, face à quatre bonshommes décidés et non moins déterminés à le tabasser, s’il osait lever le petit doigt et esquisser le moindre geste ? Rien d’autre, évidemment, que se soumettre à leurs exigences, tout en priant Dieu qu’ils se contentent du peu qu’il possédait !
Voilà, succinctement, l’aventure vécue par un veilleur de nuit dont la tâche consistait à garder un chantier du côté de la banlieue sud de la capitale.
Il avait l’habitude de pointer sur les lieux juste au moment où les ouvriers terminaient leur boulot et rentraient chez eux après une dure journée de labeur.
Certes, deux ou trois de ces ouvriers restaient souvent pour lui tenir compagnie, mais, pour son malheur, ce soir-là personne n’était disposé à perdre la moindre minute.
Ils étaient tous esquintés et cherchaient à regagner vivement leurs crèches.
En tout cas, à ce moment il pouvait se sentir le maître à bord, n’ayant pour compagnon finalement qu’un petit poste radio pour suivre les nouvelles du monde et, également, écouter de temps à autre une petite chansonnette qui le plongeait souvent dans de profondes méditations, sinon lui rappelait de lointains et beaux souvenirs !
C’était un peu monotone, mais il n’avait pas à se plaindre, du moment qu’il gagnait honnêtement sa croûte.
Ce n’était certes pas douillet, également, mais du moins assez paisible et sans problème, puisque jouissant depuis un bon bout de temps d’une quiétude que beaucoup lui enviaient.
Or cette existence paisible et sans anicroche n’était pas pour durer éternellement, puisqu’elle a été perturbée un soir par l’intrusion subite de quatre malabars dont la visite n’avait manifestement rien d’amical, encore moins de courtois.
Sans crier gare, les quatre énergumènes l’ont sommé d’abouler le fric qu’il possédait, mais de ce côté-là, ils en ont été pour leurs frais, dans la mesure où le pauvre homme n’avait sur lui qu’une misérable poignée de dinars, en plus de quelques autres pièces de monnaie ! Les assaillants ont eu beau le fouiller, sans parvenir pour autant à dénicher ce qui les aurait certainement satisfaits.
Qu’à cela ne tienne, à défaut de pognon, on se rabat sur n’importe quel autre objet ayant une quelconque valeur.
Aussi, le pauvre bonhomme a-t-il été soulagé de son portable.
Que lui avait offert son patron, d’ailleurs, pour les cas d’urgence.
Après quoi, les agresseurs se sont emparés de quelques outils, avant de quitter les lieux.
Mais auparavant, ils n’ont pas manqué de ligoter leur proie et lui administrer quelques gnons, en guise d’intimidation, peut-être !
Une fois le veilleur fut-il découvert, le lendemain matin, son employeur s’est empressé d’aller porter plainte, déclenchant ainsi une enquête qui a abouti à l’arrestation d’un membre du quatuor, grâce notamment au concours de la victime, ayant fourni un signalement précis de ses agresseurs.
Les trois autres complices n’ont d’ailleurs pas tardé à tomber l’un après l’autre…
Aymen BARHOUMI