L’adolescente entre les griffes d’une maquerelle en herbe !

2008-07-11 - Le Quotidien
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Un petit moment de faiblesse, ou plutôt de révolte, allait coûter cher, très cher à l'adolescente dont le périple qui l’a menée d’une cité à l’autre aura été un véritable calvaire.
Le Quotidien-Tunis
Elle habite une de ces innombrables cités-dortoirs qui ont poussé tels des champignons dans la partie ouest de la capitale. Elle a eu certes une existence moins aisée qu’elle l’aurait souhaitée, mais ses géniteurs, le paternel notamment, s’échinaient pour qu’ils ne manquent pratiquement de rien, ses trois frères et elle.
La jeune fille n’a pas eu la chance par ailleurs d’aller jusqu'au bout de ses ambitions, côté scolarité. Aussi, son compteur intellectuel s’est-il immobilisé au chiffre «six» de l’enseignement de base. Trop insuffisant en tout cas pour espérer décrocher un quelconque boulot.
Ce qui explique en fait que sa mère lui ait confié, à peine sortie de l’enfance, la direction des affaires internes de la famille, autrement dit toutes les tâches ménagères, bien entendu.
La jeune fille trouvait pourtant assez de temps pour quelques sorties, ne serait-ce que dans le voisinage. Peu à peu, elle a commencé cependant à s’aventurer de plus  en plus loin, jusqu’à effectuer des randonnées dans les deux banlieues, tantôt au Sud mais le plus souvent au Nord.
Fatalement, et logiquement d’ailleurs, elle allait nouer certaines relations, passagères néanmoins qui ne pouvaient donc aucunement la conditionner, encore moins  l’orienter  vers une quelconque activité.
Mais elle a appris des choses au fil des années, à voir surtout le comportement de ses semblables, leur mode de vie et leur façon,  exceptionnellement, de s’habiller, voire de s’afficher, pour dire vrai !
Ce qui explique en outre qu’elle est devenue de plus en plus exigeante vis-à-vis de ses géniteurs, d’où quelques accrochages, bénins et insignifiants au début, mais qui allaient se multiplier et s’amplifier au fil des jours, jusqu’à atteindre des proportions alarmantes à certains moments, d’autant que l’adolescente menaçait de plaquer  tout le monde  et de s’en aller chercher «fortune» ailleurs.
Arriva enfin le jour où elle allait mettre ses menaces à exécution. A la suite d’une énième altercation, la fille a fini par claquer la porte et aller vers l’aventure !
N’ayant cependant aucune destination précise, elle n’a fait qu’errer à travers les artères de la capitale, du moment qu’elle était quasiment démunie.
Peu avant le crépuscule, ses pieds l’ont conduite machinalement vers la banlieue nord, mais là encore la jeune fille n’a fait qu'errer sans le moindre but. C’est là qu’elle s’est sentie vraiment seule. Elle était  toutefois coincée, puisque ne pouvant plus faire marche arrière.
Au bout de quelques heures, la jeune vagabonde ne sentit pratiquement plus ses pieds à déambuler, sans compter la fatigue mentale qui l'étreignait désormais, au point qu’elle était prête à solliciter l’aide du premier venu.
Le hasard l’a mise justement en présence d’une jeune fille, son aînée de six ou sept ans, laquelle  une fois mise au courant de sa situation et de son désarroi, allait lui promettre l’aide dont elle avait besoin.
Aussitôt dit, elle l’a mise dans un taxi, avant de la conduire chez elle, du côté de Jebel Lahmar. C’est à partir de ce moment que le calvaire de l’adolescente va commencer.
Une fois parvenue à destination, la «protectrice» s’est empressée de donner un coup de fil à un ami qui n’a pas tardé à rejoindre les deux filles. Et après les salamalecs d’usage, le nouveau venu a invité la jeune adolescente à l’accompagner dans une chambre à part, allant jusqu’à lui administrer une belle correction pour venir à bout de sa réticence...
Quatre jours durant, la jeune fille a eu droit à ce régime, sa «bienfaitrice» qui l’a gardée contre son propre gré, jouant entre-temps les maquerelles, puisque son ami la payait après chaque... coup !
Il a fallu un concours de circonstances favorables et un moment d’égarement de la tortionnaire pour que la jeune fille puisse enfin prendre la poudre d'escampettes, rejoignant directement le poste de police le plus proche afin de porter plainte.
Arrêtés, les deux jeunes gens ont rapidement  reconnu les faits tels que rapportés par la victime, avant de se rétracter quelque temps plus tard. Ceci ne les empêchera toutefois pas de passer incessamment devant le juge...
Mansour AMARA



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