Privée de ses boucles d’oreille sous la menace d’un couteau !

2008-07-22 - Le Quotidien
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Le Quotidien — Tunis
Quel lien y a-t-il entre les herbes sauvages et les boucles d’oreille ? Aucun, diriez-vous. Sauf peut-être que dans l’affaire ci-dessous, les premières ont causé la perte, ou plutôt le vol des secondes ! Récit.
Une quadragénaire, mère de famille qui s’occupe pratiquement de tout à la maison, souvent en dehors du foyer également. Il s’agit en fait de l’une de ces femmes actives qui ne rechignent guère à la besogne. Cette dame, habitant un petit village dans les environs de la cité aghlabide, avait carrément le monopole de toutes les affaires journalières au sein de son foyer, permettant ainsi aux autres membres de la famille de vaquer à leurs occupations, professionnelles et scolaires.
Elle ne laissait rien au hasard non plus, répugnant en outre à se tourner les pouces sans rien faire. Au point, d’ailleurs, de s’intéresser parfois aux alentours de sa demeure pour un coup d’embellissement.
C’est ainsi qu’elle s’est intéressée un jour aux alentours de l’enclos où elle gardait deux petites brebis et une chèvre. Elle s’échinait tout bonnement à éliminer certaines herbes sauvages dont elle avait horreur. La bonne dame était si accaparée par sa tâche qu’elle ne s’est pas rendu compte de la présence d’un bonhomme qui a surgi de nulle part pour venir la menacer d’un couteau.
Autant surprise qu’effrayée, elle n’a pu esquisser le moindre geste, demeurant paralysée, sans voix. Que pouvait-elle faire, en effet, contre une lame appuyée sur la gorge et tenue par un individu apparemment décidé à aller jusqu’au bout de ses intentions malveillantes.
Or, la pauvre femme n’avait à lui «offrir» qu’une paire de boucles d’oreilles qu’il s’est guère dépêché d’emporter après l’avoir bien fouillée, bien évidemment.
Mais avant de s’éclipser, l’agresseur n’a pas manqué de la menacer des pires représailles si elle venait à le dénoncer. Menaces qui ne sont pas tombées dans l’oreille d’une sourde, tant et si bien que la malheureuse n’a pipé mot à personne dans son entourage dans les jours qui suivirent l’agression !
Ce n’est que quelque temps après, lorsqu’elle a eu vent de l’arrestation de son agresseur impliqué dans une autre affaire, qu’elle a enfin pris son courage à deux mains afin de porter plainte. Certes, le prévenu a mis du temps pour avouer son forfait, après avoir été confronté à sa victime, mais il a fini par se rendre à l’évidence et écoper de vingt-sept mois de prison ferme...
M.A.



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