Le voisin indélicat
2008-05-09 - Le TempsLu 558 fois
Cette dame de 45 ans ne croyait pas qu'elle allait vivre ce jour là l'une des plus dures épreuves de son existence.
Elle qui prenait régulièrement le bus en partance à l'aube d'un village de la banlieue de Tunis pour rejoindre son boulot à la Charguia.
La quiétude habituelle n'était pas cette fois au rendez-vous.
Les contretemps avaient déjà commencé la veille lorsque sa compagne du trajet lui avait annoncé qu'elle n'allait pas venir avec elle le lendemain devant tenir compagnie à son mari convalescent.
Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'elle pointait seule à la station.
Elle n'avait pas cru nécessaire de se faire accompagner par son mari ou l'un de ses enfants.
Et même lorsqu'une voiture s'était arrêtée à son niveau, elle n'avait pas bronché.
Elle avait reconnu le conducteur.
C'était son voisin et elle avait cru qu'il voulait la charger de lui ramener quelques commissions.
Or, ce dernier lui proposait de l'amener en ville.
Il prétendait y aller lui-même pour régler quelques affaires administratives.
La dame rassurée, prit tranquillement place près de lui en se disant qu'elle allait arriver plus tôt que d'habitude à son travail.
Cela lui permettrait de rentrer plus tôt.
Mais, son souhait ne fut que chimère.
En effet, dès l'instant où elle avait pris place dans la camionnette, elle avait remarqué que son voisin était ivre.
Elle ne pouvait plus faire marche arrière par peur de l'offenser.
Elle décida, alors, de garder le silence.
Elle ne manqua de l'avertir toutefois, que ce n'était pas le trajet qu'il devait prendre, lorsqu'elle avait remarqué le détour qu'il fit en empruntant des pistes.
Il l'informa qu'il rejoignait un ami qui allait les accompagner.
La peur commença, alors, à l'habiter.
Et au bout de quelques kilomètres de pistes, le conducteur s'arrêta et commença à lui raconter des histoires personnelles pour finir par lui annoncer sa flamme.
Ne l'entendant pas de cette oreille, la bonne femme a essayé de calmer son voisin en lui rappelant leur voisinage.
Elle a même essayé de s'enfuir.
Il l'a rattrapée et l'a étendue par terre pour abuser d'elle et accomplir le forfait pour lequel il a élaboré ce plan diabolique.
La résistance de la femme n'a pas suffi car les rapports de force n'étaient pas équilibrés.
Ensuite, et comme si de rien n'était, il la ramena près de son travail, en lui proposant de devenir sa maîtresse.
Or, elle ne pouvait pas travailler dans cet état.
Donc, au lieu d'aller au travail, la femme alla porter plainte en donnant le nom et l'adresse de son violeur.
Il fut rapidement appréhendé et traduit devant la justice.
Au tribunal, il a essayé de nier les faits qui lui étaient reprochés prétendant que c'était la femme qui essayait de le provoquer depuis des années et que c'était suite à son refus qu'elle a monté cette histoire de toutes pièces.
Le juge lui a rappelé ses aveux complets lors de l'enquête préliminaire et le fait que l'expertise a démontré que la femme portait des ecchymoses et qu'elle avait subi des violences.
D'autant plus qu'étant mariée, elle n'avait aucun intérêt à mentir.
La défense a plaidé l'absence de preuves précisant que son client a reconnu uniquement avoir eurent des rapports avec la victime avec le plein gré de celle-ci.
L'avocat demanda toutefois, les circonstances atténuantes son client ayant agi sous l'emprise de l'alcool et qu'il n'avait pas d'antécédents judiciaires.
Le tribunal de première instance de Tunis siégeant sur cette affaire n'a pas suivi la thèse de la défense et condamna le voisin à douze ans de prison ferme.
Mahdi SELLAMI