Les malversations d'un apprenti commerçant.
2008-05-12 - Le TempsLu 544 fois
Ce commerçant de quartier ne parvenait pas à comprendre les raisons de la diminution de sa recette quotidienne.
Pourtant, il ne constatait pas de réduction dans les ventes et les clients remplissaient sa boutique à la même cadence.
Il ne pouvait soupçonner son jeune collaborateur car ce dernier faisait tout sous son contrôle.
Il ne laissait pas seul dans la boutique et ne laissait jamais la caisse loin de ses yeux.
Donc, même s'il lui arrivait de recevoir de l'argent des clients, c'était toujours sous le regard du patron et l'aide n'avait jamais mis quelque chose dans ses poches.
Or, il était clair qu'il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond.
L'argent ne s'était pas volatilisé de son propre chef.
Soit que l'argent était volé, soit que c'était la marchandise qui était donné sans contrepartie.
Le patron a décidé de renforcer le contrôle sur son aide, d'une part, et sur la boutique, d'autre part, jusqu'au jour où il découvrit le pot aux roses.
Il était en train de servir un client alors que son aide faisait de même avec un autre.
Le client servi par son aide avait pris quelques commissions et lui avait remis cinq dinars.
A sa surprise, l'aide remettait au client le reste de trente dinars.
Le patron rappelait le client et lui demandait de restituer l'argent.
Ce dernier refusa et s'enfuit en courant.
Ce geste a confirmé les soupçons du commerçant qui a fermé sa boutique et a alerté la police.
Entre-temps, il avait demandé à son aide s'il connaissait ce jeune du quartier.
L'aide a nié aussi bien sa connaissance que toute relation avec lui.
Les agents venus sur place sont allés chercher ce jeune chez lui.
Il n'habitait pas très loin de la boutique.
L'enquête préliminaire a montré qu'il y avait un groupe de jeunes du quartier en connivence avec l'aide du commerçant.
Il venaient prendre des commissions et remettaient à l'aide du commerçant de la petite monnaie.
Ce dernier leur rendait la monnaie de trente dinars.
Ce manège se répétait quatre à cinq fois par jour.
En fin de journée, chacun de ses jeunes remettait à l'aide du commerçant la moitié de l'argent rendu.
Quatre jeunes du quartier se relayaient pour exécuter cette manipulation.
Ils ont été arrêtés tout comme l'aide du commerçant.
Leurs familles sont intervenus auprès de ce dernier et se sont chargés de lui payer toutes ses pertes.
Mais, ce dernier a refusé cette transaction et l'affaire poursuit, encore, son cours.
Le tribunal appréciera.
Mahdi SELLAMI