Le couteau trouvé sous l'oreiller du gardien était-il l'arme du crime ?

2008-06-02 - Le Temps
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Tunis-le Temps : Le gardien Maghrébin, qui était engagé par une famille à Aïn Zaghouan, menait à bien sa tâche avec sérieux et avait gagné la confiance de son patron.
Il veillait constamment à la sécurité des lieux où résidait celui-ci avec sa femme et ses enfants, dont un adolescent qui s'était lié d'amitié avec lui.

Personne n'avait rien remarqué de particuliers ou d'inquiétant dans cette amitié, jusqu'au jour où l'enfant avait disparu.
Il était sorti le matin et n'avait plus réintégré le domicile de ses parents.
Ceux-ci étaient fort inquiets au point d'alerter la police, leur fils n'ayant pas l'habitude de découcher ni de s'absenter.
Quelques jours plus tard ils furent atterrés d'apprendre que leur enfant fut trouvé mort, et abandonné sur la voie publique.
L'enquête ordonnée par le procureur de la République, révéla que la victime a été vue quelque temps avant sa disparition en compagnie du gardien.
Celui-ci, soupçonné du meurtre de l'adolescent, fut appréhendé par les agents de la brigade criminelle et nia totalement, dans sa déposition, être l'auteur des faits.
Il déclara qu'il avait l'habitude de tenir compagnie à l'adolescent et qu'il n'avait aucun problème avec lui.
Bien au contraire, déclara-t-il, il l'estimait comme un petit frère, et sa famille le savait parfaitement.
Selon le rapport d'autopsie, l'enfant a été frappé à la tête avec un objet acéré.
Ce qui explique sa mort suite à une hémorragie.
Or, les enquêteurs ont découvert un couteau de cuisine, caché sous l'oreiller du gardien.
Ce couteau était-il l'arme du crime ?
Le gardien de son côté, déclara sur ce point qu'il avait l'habitude de placer le couteau sous son oreiller, par mesure de sécurité, au cas où il serait pris de court.
L'enquête put révéler également un autre élément de nature à l'impliquer davantage :il serait selon les déclarations de certains témoins, de mœurs particulières.
L'arrêt de la chambre criminelle, déclara le gardien coupable du meurtre de l'enfant , et confirma l'inculpation d'homicide volontaire à son encontre.
Devant le tribunal de première instance, il persista dans ses dénégations, mais il fut condamné, à 30 ans de prison.
Il interjeta appel, et l'avocat de la défense plaida l'absence de toute preuve tangible, pouvant corroborer l'accusation de son client de manière indubitable, sollicitant de ce fait, l'acquittement de celui-ci , au moins pour le doute planant autour de cette affaire.
D'autant plus que l'accusé, n'a cessé de clamer son innocence.
La cour l'entendra-t-elle de cette oreille ?



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